Journée internationale de lutte contre la corruption

Journée internationale de lutte contre la corruption

Mercredi 09 décembre 2015
Message commun ASCE-LC, PNUD, RAJIT et REN-LAC

Le 09 décembre de chaque année, le monde entier commémore la Journée internationale de la lutte contre la corruption. Journée particulière pour les acteurs de la lutte contre la corruption, elle rappelle l’engagement du monde entier à combattre le cancer du développement qu’est devenue la corruption. Le lancement de la Convention des Nations Unies contre la Corruption en 2003 constitue un moment fort de ce combat.
Nous voulons, en ce jour mémorable, nous adresser à tous les burkinabé et à tous les partenaires du Burkina Faso sur la nécessité d’un engagement commun et ferme pour la mise en œuvre diligente et effective de la loi 004-2015/CNT portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso.
En effet, l’année 2015 a permis de renforcer le dispositif législatif contre la corruption au Burkina Faso. L’élaboration de la loi portant prévention et répression de la corruption dont le processus qui a été enclenché depuis 2011, par le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) et ses partenaires de lutte a finalement été adoptée le 03 mars 2015 par le Conseil National de la Transition (CNT). Elle fait du Burkina Faso un des pays conformes, dans une large mesure, à la Convention des Nations Unies Contre la Corruption et aux autres instruments juridiques internationaux de lutte contre ce fléau.
On note également la réforme de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE), le renforcement des garanties d’indépendance de la justice à travers la relecture des statuts de la magistrature et du Conseil supérieur de la magistrature et le déclenchement de procédures judiciaires dans certains dossiers de corruption et de malversations. Ce renforcement du dispositif législatif donne l’espoir que les goulots d’étranglement en matière de lutte contre l’impunité des faits de corruption sont en voie d’être levés.
Toutefois, la loi anti-corruption et les nouvelles reformes opérées au niveau de l’ASCE et de la justice ne sauraient être effectives et traduites dans les faits sans une réelle et sincère volonté politique. C’est pourquoi, il nous tient fortement à cœur, dans le contexte actuel de passage de témoin entre les autorités de la Transition et les nouvelles autorités légales et légitimes du Burkina Faso qui s’apprêtent à prendre le gouvernail, d’appeler à cette réelle et sincère volonté politique sur le terrain de la lutte contre la corruption. Nous souhaitons vivement que les acquis engrangés sous la Transition soient préservés et renforcés sous le nouveau pouvoir ; que les textes d’application de la loi anti-corruption soient adoptés et que les procédures judiciaires déclenchées sous la Transition soient conduites à leur terme.
Le long et harassant parcours qui a abouti à l’adoption de cette loi doit nous interpeller sur la nécessité de poursuivre le combat contre la corruption et l’impunité des crimes économiques. De façon conjointe, quatre partenaires engagés dans la lutte contre la corruption à savoir l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Réseau National de Lutte Anticorruption (REN-LAC) et le Réseau Africain des Journalistes pour l’Intégrité et la Transparence (RAJIT) ont décidé de marquer cette journée au Burkina en la plaçant sous le thème : « loi anticorruption, contenu et rôle des acteurs pour sa mise en œuvre ».
En plaçant cette journée sous le signe de l’application effective de la loi anti-corruption, les quatre partenaires (l’ASCE-LC, le PNUD, le RAJIT et le REN-LAC) voudraient interpeller chaque acteur en commençant par les gouvernants sur leur responsabilité et rôle central dans la lutte contre la corruption et l’impunité des crimes économiques qui constitue une forte attente du Peuple burkinabè. Nous attendons particulièrement des autorités qu’ils donnent l’exemple de l’intégrité à travers la déclaration de leurs patrimoines de fin de fonction pour les autorités de la Transition, et dès la prise de leur fonction, pour les nouvelles autorités en voie d’installation.
A l’endroit des organisations de la société civile, de la presse et des citoyens, nous lançons un appel à faire de cette loi, un outil de veille et d’interpellation citoyenne.
Afin de gagner la lutte pour le développement, nous devons d’abord gagner celle contre la corruption et créer les conditions pour un usage juste et plus équitable des rares ressources publiques pour le bénéfice de l’ensemble des burkinabè et surtout les plus vulnérables et les sans voix. Et pour la gagner, il nous faut ensemble refuser la corruption et concrétiser le nouvel espoir inauguré par l’adoption de la loi anti-corruption.
Bonne journée internationale de lutte contre la corruption à toutes et à tous !
Vive la loi anti-corruption !
Nous vous remercions !
• Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC)
• Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)
• Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC)
• Réseau Africain des Journalistes pour la Transparence et l’Intégrité (RAJIT)

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