Discours de clôture du Secrétaire exécutif à l’occasion de la XVIème Assemblée générale ordinaire du REN-LAC.

Discours de clôture du Secrétaire exécutif à l’occasion de la XVIème Assemblée générale ordinaire du REN-LAC.

JEUDI 31 MARS 2016

Mesdames et messieurs les représentants des organisations internationales et interafricaines.

Mesdames et messieurs les partenaires techniques et financiers.

Mesdames et messieurs les représentants des administrations publiques et parapubliques.

Mesdames et messieurs les représentants des structures de lutte contre la corruption.

Monsieur le Président d’honneur du REN-LAC.

Messieurs les membres d’honneur du REN-LAC.

Mesdames et messieurs les représentants des structures membres.

Mesdames et messieurs les membres du Secrétariat exécutif.

Mesdames et messieurs les journalistes.

Honorables invités.

Mesdames et messieurs.

 

Au nom des organisations membres du REN-LAC et du Secrétariat exécutif, soyez les bienvenus au siège du REN-LAC. Merci d’honorer la cérémonie de clôture  de la 16ème Assemblée Générale Ordinaire (AGO) du REN-LAC.

Mesdames et messieurs,

Honorables invités,

La 16ème AGO se tient dans un contexte international marqué par la persistance de la corruption. Après les révélations de corruption au niveau de la FIFA qui continuent de faire des vagues dans le monde du sport, c’est au tour du Brésil de connaitre un gigantesque scandale  de corruption qui met en cause la présidente  Dilma  Roussef et son  prédécesseur Lula Da Silva. Les juges et le peuple brésiliens ont montré leur détermination à obtenir la vérité et la justice.

L’exemple du Brésil doit inspirer tous les peuples pour combattre le phénomène mondialisé de la corruption afin d’éviter un accaparement des ressources publiques par les élites dirigeantes mondialisés et leurs alliés du  secteur privé.

Le monde fait face aussi à la montée pernicieuse du terrorisme. L’Amérique, l’Europe, l’Asie, l’Afrique, aucun continent n’est épargné. En fin janvier dernier et en déplacement à Addis Abeba en Ethiopie pour le sommet de l’Union Africaine, le président du Faso avait mis l’attaque du 15 janvier à Ouagadougou sur le compte des compromissions du régime de Blaise Compaoré. Pour notre part, nous osons espérer que la page est tournée et que Ouagadougou ne sera plus la capitale de toutes les compromissions.

Honorables invités

Mesdames, messieurs

Chaque fois qu’une attaque terroriste est perpétrée, l’on ne résiste jamais à l’envie d’épiloguer sur les failles de la sécurité. Nous, ne nous priverons pas de pousser la réflexion sur les modes de financement de la nébuleuse terroriste, notamment leurs trafics en tout genre.

La question sécuritaire reste d’actualité au Burkina. Et en lien avec elle, l’un des faits qui défraie la chronique en ce moment, demeure le phénomène des «koglweogo» qui semble être des formes d’organisations des populations pour faire face à l’insécurité grandissante. Si dans la forme, le mode d’action de ces groupes d’autodéfense conduit à des dérives condamnables, dans le fond le développement des «koglweogo » exprime une demande forte de sécurité des populations des campagnes laissées à leur sort face à des voleurs et des bandits sans état d’âme. Une crise de confiance profonde transparaît entre les acteurs de la justice (policiers, gendarmes, magistrats..), les autorités en charge de la sécurité d’une part et les populations d’autre part. La solution de la crise passe donc par une reconstruction de la confiance  entre les différentes parties. La justice et ses acteurs doivent se faire une nouvelle image, une justice inclusive et au service de tous. Une justice qui juge et sanctionne tous les crimes et infractions quels que soient les auteurs y compris ceux qui exercent en son sein. Du reste, les acteurs de la justice auront du mal à trouver des excuses, le gouvernement ayant accédé à leurs revendications (renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et accroissement de leur pouvoir d’achat).

Honorables invités,

Mesdames, messieurs

Nous n’avons pas encore commencé à solder les 30 ans de gabegies et de pillage des richesses nationales du régime COMPAORE que la Transition conduite par Michel KAFANDO et Yacouba Isaak ZIDA vient ajouter ses casseroles à la longue liste de malversations.

En effet la presse a fait cas d’acquisition de parcelles de milliers de m2 de la SONATUR par le premier ministre et son épouse. On se rend compte que pendant que le gouvernement de la transition abreuvait le peuple de discours sur l’austérité et sevrait les travailleurs honnêtes, il ne se privait guère et s’octroyait des parcelles, des avantages et autres bonus… C’est le  lieu de dire avec fermeté que comme au Brésil avec les fortes mobilisations des populations, nous saurons rallier tout le peuple pour que tous ceux qui sont des auteurs de crimes économiques répondent de leurs actes. Il y a certes des gens qui ont intérêt à ce  qu’on s’occupe des nouveaux voleurs et qu’on oublie les anciens, mais pour nous un crime est égal à un crime, qu’il soit commis  par un dignitaire du régime Compaoré, un dignitaire de la transition, un dignitaire du régime de Roch Christian KABORE ou même un «dignitaire» de la société civile…. Chacun doit répondre de ses actes. Nous sommes vigilants et nous le resterons.

Honorables invités

Mesdames et messieurs

En 2015, le REN-LAC est demeuré actif sur le terrain de la lutte contre la corruption dans notre pays. Il a produit et publié son rapport sur l’état de la corruption en 2014 et lancé trois autres rapports sur les présomptions de corruption dans les services des douanes, dans le secteur des mines et sur les valeurs morales éthiques et civiques. En plus de ces documents, nous pouvons noter les ateliers de formation et d’échanges avec les journalistes et le secteur privé. Le REN-LAC a été aussi présent lors de l’observation des élections couplées du 29 novembre 2015. Il ressort de cette observation qu’au lieu des idées et des projets de société, l’argent a été utilisé comme le meilleur moyen d’accéder au pouvoir au Burkina Faso.

 

S’il est des acquis que nous tenons à saluer en 2015, ce sont les évolutions juridiques et institutionnelles en matière de lutte contre la corruption dans notre pays. J’ai cité l’adoption de la loi anticorruption, la nouvelle loi sur l’ASCE-LC et la loi sur le Conseil supérieur de la magistrature. Il est aussi important d’apprécier à sa juste valeur les enquêtes parlementaires sur la fraude fiscale.

Là où nous sommes restés sur notre faim, c’est sur le front du gel et du recouvrement des biens mal acquis. Les autorités de la transition ont sur cette question plus qu’abdiqué.

Honorables invités,

Mesdames et messieurs,

Le Conseil des ministres du 09 mars 2016 nous apprenait qu’en  2015, le portefeuille des déclarations de soupçons représentait une masse financière importante.  Le rapport de la CENTIF communiqué ce jour fait état de blanchiment d’argent sur la somme de 86 milliards de nos francs qui concerne la période allant de 2009 à 2015. Le traitement de l’ensemble des dossiers depuis 2009 a engendré 27 rapports d’enquête financière soumis aux Procureurs du Faso en vue de poursuites judiciaires. Il convient de saluer l’initiative du gouvernement tout en souhaitant que toute la lumière soit faite sur ces soupçons de blanchiment d’argent.

Nous allons y veiller, parce que la 16e AGO  nous en a donné mandat en adoptant le plan et le budget 2016 et aussi le rapport d’activité et financier 2015. Au-delà, l’AGO a élu un nouveau secrétariat exécutif, dont j’ai la charge. Je conduirais donc les actions du REN-LAC pendant les 3 prochaines années avec une équipe légèrement renouvelé. Au nom de l’équipe qui vient d’être élue, je remercie les membres du REN-LAC pour cette confiance renouvelée. Je voudrais vous rassurer que nous ne trahirons pas cette confiance, mieux notre engagement sur le front de la lutte contre la corruption restera ferme et entier au cours des trois prochaines années. Notre action sera forte pour que tous les crimes économiques dénoncés çà et là soient effectivement jugés et sanctionnés.

Honorables invités,

Mesdames et messieurs,

Le REN-LAC a bénéficié en 2015 de l’accompagnement de ses partenaires habituels. Il convient de noter l’important rôle joué par la presse dans la lutte contre la corruption.

L’édition 2015 du PLAC a encore été associée à cette AGO. Le PLAC 2015 a enregistré plus de 80 articles en catégorie Presse écrite. Malheureusement aucune œuvre n’a été enregistrée en Radio. Nous osons espérer que ce n’est pas un signe d’affaiblissement des acteurs de la lutte. Félicitations aux lauréats. A travers eux, nous tenons à saluer le travail des membres du jury, nous leur disons encore MERCI.

Mesdames et messieurs,

Honorables invités,

Les acquis du REN-LAC en matière de lutte contre la corruption sont le résultat de la contribution de tous, partenaires nationaux et internationaux. C’est l’occasion pour moi de joindre ma voix à celle de l’Assemblée Générale pour remercier à nouveau tous nos partenaires financiers et techniques. Il s’agit notamment de l’ONG DIAKONIA, de la Coopération suisse, de la Coopération française, de l’Ambassade royale du Danemark, de la coopération allemande à travers la KFW, du PNUD et du PRGP.

En souhaitant un bon retour à toutes et à tous, je déclare clos les travaux de la 16ème Assemblée Générale Ordinaire du REN-LAC.

Je vous remercie.

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