20 ans du REN-LAC. Un symposium pour préserver les acquis.

20 ans du REN-LAC. Un symposium pour préserver les acquis.

Le Réseau national de lutte anticorruption a clôturé les activités marquant ses 20 ans d’existence par un symposium. Sous le thème  « Le REN-LAC d’hier à demain », il a réuni  les 19 et 20 décembre 2017 à Ouagadougou une centaine de participants représentant les organisations membres, les Comités régionaux anticorruption (CRAC), le Secrétariat exécutif, les permanents et les personnes ressources du REN-LAC. Deux panels sous forme de rappels historiques sur le passé, le présent et le futur ont constitué le menu principal de ce symposium.

Organisation indépendante, non partisane et sans but lucratif, le REN-LAC s’est donné pour la vision, l’avènement d’une société burkinabé engagée dans son ensemble, pour la défense et la promotion de l’intégrité et de la bonne gouvernance.

De plus de 25 organisations fondatrices en 1997, le REN-LAC en 2017 compte, 23 organisations membres. Reclus au départ à Ouagadougou, le REN-LAC a amorcé sa déconcentration à partir de 2009, avec l’installation de CRAC, dont le nombre est passé de 3 à 5 en 2017. Ceux-ci mènent leurs activités dans cinq régions (Centre-Ouest, Nord, Hauts-Bassins, Sud-ouest et l’Est. Les CRAC travaillent dans ces régions mais interviennent également dans des régions contigües. Aujourd’hui leurs activités apportent du baume à la vie des populations, longtemps privées d’informations sur la corruption.

Animés au départ par quelques volontaires et un Secrétariat permanent squelettique en 1997, le REN-LAC compte  aujourd’hui un Secrétariat exécutif composé de  8 membres élus (dont trois femmes) et une vingtaine de salariés. Il possède en outre un Conseil scientifique composé de neuf personnalités de haut niveau scientifique et un comité de pilotage dans lequel siègent les PTF. « Si aujourd’hui nous pouvons présenter un bilan somme toute positif et parler d’un symposium, c’est grâce à l’action de ces pionniers, c’est grâce à leur ténacité, c’est grâce à leur intégrité et à leur esprit de sacrifice » a justifié la tenue de ce symposium le Secrétaire exécutif du REN-LAC dans son discours d’ouverture.

Premiers pas difficiles dans l’arène socio politique burkinabé.

L’action des pionniers a été salutaire et l’heure est venue pour le Réseau de leur rendre un vibrant hommage. Pour les premiers intervenants il s’est agi de retracer le parcours du REN-LAC de ses débuts jusqu’à l’orée des années 2013.

« Le processus de la création du REN-LAC et ses premiers pas dans l’environnement sociopolitique et institutionnel du Burkina Faso : ses rapports avec les citoyens et les acteurs étatiques et non étatiques » animé par Dieudonné YAMEOGO et Luc DAMIBA a fait l’objet du sous thème 1.

Nous notons avec ses deux intervenants que la délivrance du récépissé de reconnaissance du REN-LAC est intervenue en Mars 1998 suivie de sa publication au journal officiel. En Août de la même année interviendront les premières émissions radio précisément le 02 août. Les premiers articles dans la rubrique « corruption dans la cité » sont publiés le 02 décembre 1999. En juin 2000 ce fut le début des premières enquêtes. On peut encore retenir de cette communication que la deuxième Assemblée générale est intervenue en février 2001 et l’édition du premier rapport sur l’état de la corruption au Burkina en mars 2001 (il s’agissait du rapport 2000). Cette décennie fut assez cruciale pour le REN-LAC, elle a permis d’engager des actions vigoureuses pour l’avenir. Janvier 2004, les 1res journées nationales du refus de la corruption sont organisées du 20 au 24 janvier. Le thème était « Le contrôle, un moyen de prévention et de répression de la corruption ». Le premier mémorandum d’interpellation a été publié à l’occasion. L’élection du troisième bureau du Secrétariat permanent interviendra en 2004 lors de la 5e Assemblée générale ordinaire des 26 et 27 mars.

Le sous thème 2 avait pour titre : « Le REN-LAC dans la décennie 2003 – 2013 : les grands traits de son évolution » animé par Moctar ZONOU et Pr Blaise SONDO. Cette décennie a débuté par une grave crise au sein de l’organisation. Les problèmes sont nés en 2004 à l’occasion de l’AG devant procéder au renouvellement des instances. Certains agents estimaient qu’on ne change pas une équipe qui gagne, ils lanceront une fronde à l’occasion de l’AG de renouvellement du bureau. La raison et la nécessité de respecter les statuts ont finalement prévalu. Cette situation qui va perdurer aura des conséquences sur le financement des plans stratégiques 2003 – 2007 et 2008 – 2012 du REN-LAC.

La question de l’autonomie financière, une préoccupation pour le REN-LAC

La deuxième journée du symposium s’est tenue le mercredi 20 décembre 2017 toujours dans les locaux du CBC à Ouagadougou.

Trois sous thèmes étaient au programme.

« La contribution du REN-LAC au renforcement de l’efficacité des structures étatiques de contrôle et de lutte contre la corruption », c’est l’intitulé du sous thème 3 animé par Dr Luc Marius IBRIGA Contrôleur général d’Etat.

Le sous thème 4 avait pour titre : « La contribution du REN-LAC au renforcement de l’action de la presse dans la lutte contre la corruption au Burkina Faso » ; et animé par les journalistes Elie KABORE et Boureima OUEDRAOGO ; enfin le sous thème 5  avait pour titre « Le REN-LAC d’aujourd’hui et de demain : les grands défis dans le contexte post-insurrectionnel »  animé par Dr Claude WETTA et Mafing KONDE du REN-LAC.

Sur le premier thème de la journée, le Contrôleur général  affirme que le REN-LAC et l’ASCE/LC n’ont pas le pouvoir de répression, le REN-LAC a la responsabilité de veiller, d’interpeller et de dénoncer. Pour lui il était important de revisiter l’initiative de REN-LAC de juin 2010 qui avait permis la tenue d’une rencontre de concertation entre acteurs de lutte contre la corruption. Plusieurs acteurs interviennent dans la lutte contre la corruption parmi eux l’Assemblée nationale à travers ses missions et enquêtes parlementaires, la justice, les structures administratives de contrôle comme les inspections techniques, l’ASCE-LC. Partis politiques, société civile et syndicats aussi sont engagés dans la lutte. Dr Ibriga a déploré le manque de cadre d’échange entre ces différents acteurs, ce qui ne favorise pas la coordination. Il a reconnu que le REN-LAC a contribué à l’action des corps de contrôle.

Abordant le sous thème 4, Boureima OUEDRAOGO directeur de publication du journal Le Reporter a préconisé que le REN-LAC stimule davantage les  medias à l’investigation à travers l’élargissement des Prix de la Lutte Anti-Corruption (PLAC).

A la dernière communication, le Secrétaire Exécutif   note que, le REN-LAC est passé de la gestion par objectifs a la gestion axée sur les résultats et que de nouvelles perspectives se sont ouvertes pour des actions plus incisives à la faveur de l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui a mis en exergue les fortes potentialités de la jeunesse et de l’ensemble du peuple qui, par leur mobilisation massive ont pointé du doigt la corruption et l’impunité et réclamé une gouvernance vertueuse au Burkina Faso. La question de l’autonomisation financière du REN-LAC a été abordée lors de cette communication. Plusieurs voies  sont proposées parmi lesquelles la mise en place du Centre de recherche sur la corruption, la levée de fond auprès des Burkinabé à travers une souscription,la reconnaissance du REN-LAC comme association d’utilité publique. Autre défi pour le Réseau, son implantation sur toute l’étendue du territoire, c’est-à-dire implanter un CRAC dans tous les chefs-lieux de région du Burkina.

Cette rencontre permettra de recueillir les meilleurs récits de la vie du REN-LAC pour  immortaliser les actes posés par certains d’entre eux dans un livre et un film documentaire.

Ils ont dit :

Pr Moustapha GOMGNIBOU Pdt du Conseil scientifique

« Le Réseau a atteint de nos jours sa vitesse de croisière dans la lutte contre la corruption au Burkina Faso. J’en veux pour preuve le plan stratégique 2017 – 2020. Le bilan doit servir de base pour engranger des luttes plus importantes ».

 

 

Dr Claude WETTA, Secrétaire exécutif du REN-LAC

« En 20 ans d’existence l’apport du réseau à la lutte contre la corruption au Burkina a été substantiel. L’action du REN-LAC dépasse le cadre national pour se situer au niveau de l’Afrique et du monde ».

 

 

Mariama Inès BARRY chargée de programme senior à l’ONG Diakonia représentant les Partenaires techniques et financiers.

« Les actions du REN-LAC ont contribué au développement d’une veille citoyenne. Un bel exemple de transparence, de gouvernance de redevabilité dans la gestion des fonds à lui confiés. L’ONG Diakonia restera aux côtés du REN-LAC avec les autres partenaires pour relever les défis futurs ».

 

 

Dieudonné YAMEOGO Premier Secrétaire permanent (1997 – 2004). Pdt d’honneur du REN-LAC. « Je voudrais rendre un hommage aux pionniers qui sont dans la salle Moctar ZONOU, Pr Blaise SONDO, Dr Claude WETTA et ceux qui ne sont plus de ce monde Urbain TRAORE, Tiergou P. DABIRE.

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