Le REN-LAC veut accroître la participation citoyenne dans la traque des criminels économiques

Le Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC) et le Centre d’Information, de Formation et d’Études sur le Budget (CIFOEB) veulent accroître la participation citoyenne dans la lutte contre la corruption et pousser vers une plus grande redevabilité publique des gouvernants à travers la création d’une plateforme numérique anti-corruption.

Le REN-LAC et le CIFOEB attendent que les réponses apportées par les autorités administratives, suite aux dénonciations, aux interpellations et aux saisines, soient appropriées et significatives.

Malgré les actions multiformes et les efforts déployés par les différents acteurs de la lutte anti-corruption, le phénomène demeure persistant.  De fait, le Réseau national de Lutte anti-corruption estime impératif  d’inventer de nouvelles approches dans la lutte anti-corruption, en s’appuyant sur les possibilités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication (TIC).

C’est dans cette perspective que le REN-LAC et le CIFOEB ont décidé de mettre en œuvre, avec l’appui financier de l’Union européenne, le projet intitulé « Accroître la participation citoyenne à la lutte contre la corruption et à la redevabilité publique à travers une plateforme d’information anti-corruption. »

« Cette action devrait permettre de s’attaquer à quelques contraintes structurelles telles que la faiblesse du dispositif organisationnel de la participation citoyenne à la lutte contre la corruption, l’absence d’interface numérique spécialisée pour faciliter et coordonner l’accès à l’information budgétaire et de bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption, ainsi que l’insuffisance des mesures administratives en réponse aux cas de dénonciations et de saisines administratives« , a indiqué le Dr Claude Wetta, secrétaire exécutif du REN-LAC, au lancement du projet le 25 mai dernier.

Favoriser l’accès des citoyens à l’information

L’une des innovations majeures de ce projet est la création d’une plateforme numérique de dénonciation des actes de corruption, dénommée Veenem [transparence en langue nationale mooré], en vue d’amener désormais les citoyens à être les principaux acteurs de la lutte anti-corruption.

« La plateforme sera mise en ligne avec des portails variés pour, d’une part, faciliter l’accès aux informations sur l’allocation des ressources et la situation des cas de corruption et d’autre part, dénoncer la corruption afin de promouvoir et de partager les bonnes pratiques. Elle sera conçue de sorte à garantir l’anonymat des utilisateurs qui le désirent au grand public« , a détaillé le Dr Claude Wetta.

Les porteurs du projet veulent, à travers la plateforme Veenem, inculquer la culture de la dénonciation et la création d’espaces d’expression libre et accessibles aux citoyens.

Outre la création de la plateforme, les responsables du projet veulent travailler à mettre en place des Comités anti-corruptions (CAC) dans les régions d’intervention du projet que sont le Centre, les Hauts Bassins, le Nord, le Centre-Ouest, le Sud-Ouest et l’Est. Ces CAC auront pour attribution le suivi des prestations des services publics, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la santé, le suivi des réalisations des infrastructures dans les deux secteurs, et le suivi budgétaire.

Systématiser les actes de dénonciation

Avec ce projet, le REN-LAC fonde espoir que les dénonciations des actes de corruption, des mauvaises prestations, ainsi que la valorisation des bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption et pour la redevabilité publique des gouvernants, connaissent une nette amélioration. A terme, la mise en œuvre de ce projet permettra d’apprécier la progression de la culture de la dénonciation chez le citoyen burkinabè.

« Le citoyen est le premier bénéficiaire des prestations publiques, mais aussi la première victime des mauvaises pratiques en matière de gestion des finances publiques et de la mauvaise réalisation des infrastructures. Il s’agit donc de rendre systématique les dénonciations des actes de corruption, des mauvaises prestations ainsi que la valorisation des bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption et de redevabilité sur la gestion publique« , insistent les premiers responsables du projet qui sera mis en œuvre sur une durée de trois ans avec un budget total de 220 millions de F CFA.

Pour Thierry Barbé, le représentant de l’Union européenne – qui finance l’action à hauteur de 210 millions-, la lutte anti-corruption est au centre des préoccupations de son institution. D’où l’engagement des Européens à accompagner le REN-LAC et le CIFOEB dans leurs actions de lutte anti-corruption et pour la transparence budgétaire.

Rodrigue TAGNAN

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